Un bibliophile collectionne-t-il pour lui-même ou pour ceux qui lui survivront ? En cédant son trésor littéraire, Martin Bodmer semblait répondre à la question. Intellectuel suisse passionné, il a consacré sa vie à la préservation du savoir écrit, un engagement qui donna naissance à la Fondation Bodmer et marqua durablement la conservation du patrimoine littéraire.
Nous sommes à Cologny, dans le canton de Genève. Dans le calme feutré d’un bureau, une aide-bibliothécaire dactylographie les mots et pensées d’un homme aux traits marqués et au regard de patricien. Depuis presque dix ans, à intervalles réguliers, Martin Bodmer ne cesse de remettre en ordre son testament spirituel dans des fragments de manuscrits qu’il appelle Chorus mysticus, en hommage à Goethe.
Son plus grand legs ne réside toutefois pas dans ce manuscrit inachevé. À peine trois semaines avant de rendre son dernier souffle, Martin Bodmer légua près de 150 000 documents, témoins d’environ quatre-vingts cultures, couvrant trois millénaires d’histoire humaine.
Informations sur Martin Bodmer et citations de Bernard Breslauer, Werner Weber ainsi que d’Odile Bongard :
https://fondationbodmer.ch/martin-bodmer/
Nicolas Ducimetière, « Une collection de monuments littéraires » : la Fondation Martin Bodmer, bibliothèque et musée
https://journals.openedition.org/rbnu/3663?lang=en
Références du texte :